Bonsoir à tous, bonsoir à toutes.
Nous sommes ravi·es de vous rencontrer ce soir. Il ne fait pas bien chaud, mais peu importe, la convivialité va vite réchauffer l’atmosphère. Ce soir, c’est notre dernière réunion de campagne. Nous ne savions pas où nous réunir dans les hameaux puisque l’école de Lapeyière est fermée au public depuis plusieurs années. Alors déjà, je voudrais remercier la CUMA pour la possibilité qui nous est offerte ce soir de nous rapprocher de vous et de l’accueil dans vos locaux.
Avant d’aborder avec vous les sujets qui nous semblent importants et notamment le lien avec les Hameaux, l’agriculture et les autres points de notre programme dont vous voudrez parler, je voudrais vous raconter quelque chose.
Il y a vingt-cinq ans, j’ai choisi Lisle-sur-Tarn pour son art de vivre, sa lumière et sa solidarité. Entre 2008 et 2014, certains le savent, j’ai eu l’honneur de servir notre village en tant qu’adjointe aux finances et ensemble, nous avons bâti le pôle des aînés, une école, la cantine, la salle multi-sports sans laquelle notre collège ne serait qu’un lointain projet.
Depuis 12 ans, on vous raconte une histoire. On vous répète que nous aurions laissé la commune en faillite. Il est temps aujourd’hui de rétablir la vérité des chiffres.
Engagement pour Lisle-sur-Tarn
En 2014, quand nous avons transmis les clés de la mairie, il y avait 690 062,73€ sur le compte de fonctionnement. Il n’y a jamais eu de faillite. C’est nous qui avons redressé l’équilibre budgétaire de la commune.
À côté, oui, nous avons emprunté, mais pour construire l’avenir à taux fixe, sans jamais céder aux sirènes des emprunts toxiques qui piègent beaucoup de communes.
Depuis 12 ans, la municipalité vous raconte que la situation de faillite a été évitée grâce à une gestion exemplaire. Eh bien moi, je vous dis que madame Lherm n’a pas fait de miracle. La dette a diminué parce que la commune avait les moyens de rembourser ces emprunts. Et aussi grâce à un petit coup de pouce, il y a eu un transfert de compétences enfance-jeunesse à l’agglomération.
L’équipe municipale aurait pu baisser ses propres taux d’imposition sur le foncier pour que les Lislois n’aient pas de hausses impôts. Mais vous savez comme c’est, ils ont préféré rester prudents “les dotations baissent, on ne sait jamais”. Au bout du compte, on vous affiche ne pas avoir augmenté les impôts, alors que la réalité, c’est que si vous regardez vos avis d’imposition, depuis 2014, vos impôts, ils ont quasiment doublé.
Investir dans l’humain
Au-delà des chiffres, moi, c’est le climat de notre village qui m’inquiète. Lisle-sur-Tarn n’est pas Chicago, c’est une bastide du sud-ouest, un lieu de rencontre. Et pourtant, depuis deux mandats, la réponse à chaque difficulté est toujours la même : fermer, raser, surveiller. On barricade nos lavoirs, on détruit l’ancienne balance publique qui servait de boîte à livres parce qu’un homme sans abri y a cherché refuge. On multiplie les caméras là où il faudrait multiplier les sourires et la présence humaine.
Gouverner par la peur, c’est s’isoler. Transformer notre espace public en forteresse, ça ne va pas régler les incivilités, ça ne fait que tuer le lien social.
Attention, on ne nie pas les problèmes, mais je refuse et nous refusons la paranoïa. Les deux millions d’euros d’excédent ne doivent pas dormir dans un coffre-fort alors qu’il y a tant de Lisloises et des Lislois qui souffrent de l’isolement.
Aujourd’hui, nous nous proposons une autre voie :
- investir dans l’humain ;
- utiliser nos marges de manœuvre pour créer des lieux d’échange ;
- des lieux de médiation et d’accompagnement ;
- restaurer notre patrimoine ;
- rouvrir nos lieux de vie fermés ;
- entretenir sérieusement notre voirie ;
- avant qu’il ne soit trop tard et pour la sécurité des Lislois ;
- Remplacer les barrières par des ponts ;
- accueillir la fragilité avec dignité plutôt que de la cacher derrière des grilles.
Lisle-sur-Tarn ne doit plus être gérée comme une entreprise comptable froide, mais comme une maison commune.
Une campagne participative
Depuis le mois de septembre, nous avons organisé sept réunions participatives où les Lisloises et les Lislois ont été accueillis et écoutés.
C’est la fin de campagne, certaines prises de paroles deviennent de plus en plus fébriles ce qui a parfois le résultat de brouiller les esprits.
On sait que notre liste peut être accolée à différentes étiquettes. Souvent pour faire peur. Les étiquettes, ça réduit, ça caricature ce qui n’est jamais tout noir ou tout blanc et ça met dos à dos.
Or, nous on vient pour poser un stop à ce qui alimente les haines. Notre commune est trop remplie de fractures à apaiser. On sait que l’on n’est pas d’accord sur tout. Comment l’être de manière plus douce ?
Notre manière de faire, c’est de chercher à prendre les décisions :
- qui répondent au plus de besoins possibles ;
- qui ont le moins d’impact négatifs possibles ;
- qui prennent en compte les ressources réellement disponibles ;
- qui permettent de faire exister la commune participative, robuste et solidaire que nous appelons de nos vœux.
Dans cette optique, sur la question du projet de territoire, qui est un sujet sensible, on s’engage à défendre les propositions qui tiennent compte du besoin en eau pour tous les usages et qui préservent la zone humide du Testet.
Ce qu’on sait, c’est qu’on discutera dans le respect de toutes et tous. Pas d’humiliation, pas d’attaques sur les personnes : des débats sur le fond et du temps pour comprendre d’où tout le monde parle.
Nous voulons faciliter la participation : il faut donc que participer soit agréable, source de fierté et de liens. Nous devons apprendre à nous écouter et à penser ensemble.
Lisle en Commun n’est pas qu’un nom de liste, c’est une vision politique, celle de prendre soin ensemble de ce que nous avons en commun, à commencer par notre humanité.